Juin 2024
Edition # 159
A balles réelles / exposition et introspection sociologique

"À balles réelles" est une exposition de photographie documentaire résultant d’une recherche – création menée pendant cinq années dans la ville de Tonnerre.

Cette étude menée depuis 2017 met en lumière la paupérisation et la fragilité de la population de Tonnerre, une petite ville de l'Yonne comptant moins de 5.000 habitants. 

Lors de cette exposition, qui aurait pu prendre quartier dans les rues de Tonnerre, le spectateur pourra découvrira des photographies, des textes et des cartes qui décrivent les transformations contemporaines d’un territoire rural : des éléments factuels, sans artifice, pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.

La scénographie s’organise autour de trois questions scientifiques :
1/ Comment expliquer que des personnes en situation de précarité soient déplacées dans une ville dont elles ignoraient jusqu’alors l’existence ?
2/ Comment, face à d’importantes difficultés économiques et sociales, certains habitants arrivent à tenir alors que d’autres meurent ou disparaissent ?
3/ À quelles conditions, enfin, la photographie documentaire permet-elle de décrire de manière fiable le monde observé ?

Le projet repose sur trois objectifs fondamentaux :
- une participation des personnes photographiées depuis les premières heures du projet jusqu’aux dernières phases de conception scénographique et d’accrochage
- une dimension d’innovation numérique par l’intermédiaire d’un dispositif technique permettant aux habitants de la ville d’apporter des informations complémentaires sur les photographies de l’exposition
- une démarche pédagogique pour transmettre aux publics les enjeux de la démarche scientifique et de la fabrication de l’information.

Exposition du 1er au 29 juin 2024
Hôtel Coeurderoy, 22 rue Rougemont, 89700 Tonnerre
avant la fermeture de ce lieu unique et culturel de 800m2, fruit d'un legs à la Mairie de Tonnerre, pour une transformation en un atelier de transformation du cuir à destination des acteurs du luxe.

Direction artistique et scientifique : Jean-Robert Dantou
Scénographie : Mitia Claisse
Production : Printille Davigo
Fabrication : Archibald Peeters
Graphisme : Timothée Bernard et Marie Aumont
Illustrations : Ninon Bonzom
Conseil scientifique et artistique : Paco Rapin (ENS) et Mathias Nouel (Agence VU’)
Attachée de presse : Anaïs Viand
Accueil des publics : Zia Perthuisot

Une exposition produite par la ville de Tonnerre, L’Aracande et La Broussaille.

Jean-Robert Dantou est un photographe français né en 1980 à Paris.
Fort de sa double formation à l’École Louis Lumière et à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, Jean-Robert Dantou explore depuis une dizaine d’années les liens entre photographie et sciences sociales. Photographe impliqué, il documente aux Etats-Unis, en Allemagne, en Asie, au Chili et en France, les problématiques liées à la mémoire, à la santé mentale, aux migrations et à la vie sociale.
Habitué des projets documentaires au long-cours et/ou collaboratifs, il anime pendant 4 ans des ateliers visuels et sonores auprès de primo-arrivants du collège Jean Renoir de Bondy (« Un Mur à l’Horizon »), et travaille 2 ans durant sur la question de la représentation photographique de la folie, au sein d’une équipe de recherche interdisciplinaire dans le cadre d’une résidence L’Ecole Normale Supérieure (« Les Murs ne parlent pas »).

En 2014 il intègre le projet documentaire, artistique et citoyen « La France vue d’ici » (Mediapart et ImageSingulières) et entreprend une enquête photographique de 3 ans sur « Les Territoires de lutte » de la France contemporaine.
Partageant son travail et son temps entre commandes institutionnelles, résidences artistiques, recherche et enseignement,  ses travaux donnent lieu à de nombreuses expositions, et à la publication de plusieurs ouvrages tant sur la Chine contemporaine (« Ombres Chinoises », ed. Atlantica 2004), que le monde coopératif français (« Ceux qui aiment les lundis », ed. Le Chêne 2012), les petites et moyennes entreprises (« Mon entreprise prend la pose », ed. Democratic Books 2010), ou la santé mentale (« Les murs ne parlent pas », ed. Kehrer 2015 – lauréat du prix PHotoEspana 2016 du meilleur livre de photographie, catégorie internationale).